En souhaitant élargir les possibilités de déchéance de nationalité, l'exécutif s'est attiré les foudres d'une grande partie des associations de défense des libertés et de l'opposition. Hier, l'ancien secrétaire national du PS à l'égalité, Faouzi Lamdaoui, a jugé que ces mesures étaient une « stratégie électoraliste » destinée à séduire l'extrême droite : « L'amalgame entre l'insécurité et les "Français d'origine étrangère", rappelle la sinistre France des mauvaises époques », a-t-il précisé. Vendredi, c'est Michel Rocard qui estimait que le projet de condamner les parents d'enfants délinquants remontait « à Vichy » et « aux nazis ». Sur le bilan de la politique de sécurité du gouvernement, Arnaud Montebourg s'est lui aussi montré très virulent hier, estimant qu'en la matière, « Sarkozy est à ranger aux rayons des incapables ». Le ministre de l'Intérieur, Brice Hortefeux, a pour sa part annoncé samedi à Perpignan qu'il présenterait au chef de l'Etat « d'ici à la fin du mois » des « propositions pour la mise en oeuvre juridique de la mesure de déchéance de la nationalité contre les auteurs d'homicides de dépositaires de l'autorité publique, de polygamie et d'excision ». Interrogé par « Le Figaro » samedi, Eric Besson, ministre de l'Immigration et de l'Identité nationale, s'est montré dubitatif sur une partie de ces propositions : « Sur un plan juridique, la déchéance de nationalité est complexe à envisager, notamment pour la polygamie », a-t-il souligné.